Le Ku Klux Klan et les catholiques

Le Ku Klux Klan (KKK) fut crée par Albert Pike, grand prêtre de l’église satanique et personnage très important de la franc-maçonnerie. Il fut un tribun du parti Whig avant de rejoindre le mouvement Know Nothing dans les années 1850. Il dirigea pendant trente-deux ans l’une des plus importantes composantes de la franc-maçonnerie des États-Unis : le Suprême Conseil de la Juridiction Sud du Rite écossais ancien et accepté.

Sous les capuches blanches, l’heure est à l’inquiétude. Le groupe Anonymous a déclaré son intention de dévoiler les identités de près d’un millier de membres du Ku Klux Klan (KKK) aux États-Unis. Qui sait si cette annonce ne va-t-elle pas mettre un terme à l’existence de ce « Géant Blanc » autrefois si influent ?

Se centrer sur la composante raciste nous fait toutefois oublier un autre aspect essentiel de l’histoire du Klan. Oui, le KKK a toujours été essentiellement préoccupé par l’élimination des Afro-Américains. Mais à l’apogée de sa popularité dans les années 1920, la plupart de ses membres étaient aussi très impliqués dans la lutte contre les catholiques. Lors de ses années fastes, le mouvement a connu son heure de gloire dans les états industriels du Nord comme la Pennsylvanie et l’Indiana plutôt que dans le Grand Sud, et les raisons de ce succès tenaient surtout à sa dimension anti-catholique.

Pendant les années 1920, plus de cinq millions de personnes ont rejoint les rangs du KKK aux États-Unis, et dans le seul État de Pennsylvanie, l’organisation comptait au moins un quart de million de membres. La Pennsylvanie est petit à petit devenu le Royaume du KKK. Au milieu des années 1920, le groupe faisait des apparitions fréquentes dans les journaux de Pennsylvanie pour des cas de violence anti-catholiques ; en 1923 et 1924, des émeutes finirent en bain de sang dans les villes industrielles de Carnegie, Scottdale et Lilly.

Mais pourquoi s’en prendre aux catholiques ?

Le KKK a en partie hérité d’une tradition anti-catholique très influente au 19ème siècle, laquelle présentait l’Église comme un vecteur de tyrannie, de paganisme, d’immoralité et de persécution. De plus, à partir des années 1890, les États-Unis ont connu une immigration de masse largement issue d’Europe de l’Est et d’Europe Centrale, majoritairement catholique et juive.

Pour le KKK, la puissance catholique émergente menaçait de renverser la société et les valeurs Américaines. La force catholique s’appuyait sur « les hordes non intégrées d’Europe » et le pire scénario était qu’un catholique atteigne un jour la présidence des États-Unis.

En 1928, un dirigeant du KKK en Pennsylvanie, Paul Winter, signalait qu’une lutte apocalyptique allait bientôt commencer entre « l’Américanisme traditionnel et l’invasion religieuse et politique des États-Unis par les représentants des institutions et des idéologies européennes ». Face au danger menaçant la République, Winter appelait les forces patriotiques à se rassembler, parmi celles-ci les membres de ce fidèle clergé Protestant, et le réseau des ordres fraternels et patriotiques, essentiellement la franc-maçonnerie.

En Pennsylvanie, le KKK s’est rapidement éteint de lui même, sous les accusations de criminalité et de corruption. L’organisation survécut jusque dans les années 1940, mais uniquement en tant que secte minoritaire. Ce n’est que dans les années 1950 que les groupes du Sud se formèrent à nouveau.

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